Aristote, le problème XXX « l’Homme de génie et la mélancolie »
(format poche)
ISBN : 2-86930-442-0
Code Seuil : 13191
Je vous conseille l’édition Rivages Poche, petite bibliothèque, car elle bénéficie d’une introduction assez complète qui tente de decrypter le texte (écrite par J. Pigeaud).
Cependant que la lecture du texte elle-même est inévitablement plus interessante, l’édition en question possède également un très bon lexique, et propose une traduction française ainsi que le texte original grec, donc au même tarif (6,40€) qu’une autre édition qui ne présente que le texte traduit, pourquoi s’en priver ?
Résumé/
« Le problème XXX intitulé ici l’Homme de génie et la mélancolie est un petit texte, à l’origine d’une littérature médicale et philosophique qui cerne les rapports entre physiologie et créativité. Nous ne savons pas avec précision par qui et à quelle époque il a été conçu, mais Sénèque, Plutarque et Cicéron l’attribuent à Aristote. Et c’est ainsi qu’il a été lu et médité par les médecins et les philosophes depuis le Moyen-Age jusqu’au XIXème siècle.
C’est dans les tempérémments dépressifs et lorsque l’homme est loin des dieux, porté aux excès, à la luxure, aux enthousiasmes passagers, qu’on retrouve toutes les personnalités de génie. Tous les créateurs ne sont-ils pas, au fond, des mélancoliques ? »
J’ajoute ici les premières lignes de la présentation rédigée par J. Pigeaud, car comment vous dire mieux que par ces lignes comme j’ai été interpellée...
« Puissance d’une rêverie organisée ! Il existe des textes qui ne signalent ni par leur style, ni par leur longueur, ni par la densité de la pensée. Pourtant leur éclat ne s’altère pas. L’un des grands mystères de ces ouvrages est qu’ils nous sont d’abord parfaitement hermétiques. Ils sont en effet inscrits dans une culture disparue. Et pourtant, une sentiment de familiarité nous lie à eux (...) »
+ deux extraits courts, et selon moi significatifs, du problème XXX sur la question de la « génialité ».
« De la même façon, en effet que les individus sont différents par leur aspect (...) ceux qui en* ont une grande quantité sont déjà différents de la plupart des gens. Si l’état du mélange est tout à fait concentré, ils sont mélancoliques au plus haut degré ; mais si la concentration est un peu atténuée, voilà des êtres d’exception. »
« (...) Mais puisqu’il est possible qu’il y ait un bon mélange de l’inconstance, et que celle-ci soit, en quelquesorte, de bonne qualité, et qu’il est possible, au besoin, que la diathèse trop chaude soit en même temps, tout au contraire, froide (ou inversement en raison de l’excès qu’elle présente), tous les mélancoliques sont donc des êtres d’exception, et cela non par mlaladie, mais par nature. »
*Aristote parle ici du mélange de l’atrabile ou bile noire (qui signifie d’ailleurs littéralement mélancolie rappelons-le...) Pour Lire On line... http://perso.wanadoo.fr/jean-claude.claeys/etude_en_noir.htm
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